Atlas dynamique des Odonates de France
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Gomphus graslinii Rambur, 1842

Rédacteurs :
Yoann BLANCHON & Loan ARGUEL pour le groupe Opie-Odonates

Dernière mise à jour le 05-09-2022 à 12h42
Fiche espèce Les Gomphidae
Statuts Source : Taxref 15.0 (16/12/2021)
Liste rouge mondiale NT : Quasi menacée 2021
Liste rouge européenne NT : Quasi menacée 2021
Convention de Berne IBE2 : Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe (Convention de Berne) : Annexe II 1979
Directive Habitat CDH2 : Directive 92/43/CEE (Directive européenne dite Directive Habitats-Faune-Flore) : Annexe II 1992
Liste rouge nationale LC : Préoccupation mineure 2016
Protection nationale NI2 : Liste des insectes protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection : Article 2 2007
Plan National d'Actions en cours OUI 2020 Voir sur le site du PNA
Listes rouges régionales Selon régions
Aquitaine 2016 Préoccupation mineure (LC)
Auvergne 2017 Vulnérable (VU)
Bourgogne 2015 Non évaluée (NE)
Centre 2012 En danger (EN)
Limousin 2018 Données insuffisantes (DD)
Occitanie 2018 Quasi menacée (NT)
Pays-de-la-Loire 2021 Vulnérable (VU)
Poitou-Charentes 2018 Quasi menacée (NT)
Provence-Alpes-Côte-d'Azur 2017 Quasi menacée (NT)
Rhône-Alpes 2014 Vulnérable (VU)
Déterminante ZNIEFF Selon région
Auvergne-Rhône-Alpes Toute la région
Centre-Val de Loire Toute la région
Nouvelle-Aquitaine 4 départements sur 12
Occitanie Toute la région
Pays de la Loire Toute la région
Provence-Alpes-Côte d'Azur Toute la région
J. ICHTER
J. ICHTER
S. Wroza
S. Wroza
S. Wroza

Densité des observations

Animer les données
Faible densité Densité moyenne Forte densité

Les populations de G. graslinii présentent une répartition au niveau du Sud-ouest de la France, allant du pourtour méditerranéen à la façade atlantique en passant par les plaines situées entre les contreforts des Pyrénées et du Massif central. Quelques observations de l’espèce ont également été réalisées au nord de la Loire ainsi que le long du Rhône.

Gomphus graslinii

le Gomphe de Graslin

Parmi les quatre espèces du genre Gomphus présentes en France, Gomphus graslinii est l’espèce présentant l’aire de répartition la plus restreinte sur le territoire français. Endémique du Sud-ouest de la France et de la péninsule ibérique, G. graslinii fréquente essentiellement les grandes rivières calmes et assez profondes aux berges boisées, les petites rivières et peut également être observée au niveau des grandes retenues de barrages hydro-électriques. Les larves de cette espèce effectuent leur développement de préférence dans les zones sableuses où la présence de débris végétaux et de matière en décomposition est un élément essentiel. La durée de la phase larvaire pour cette espèce est de deux ou trois ans. Au moment de la phase d’émergence (début-juin à début-août), les larves abandonnent leur exuvie sur les berges (sur des plantes herbacées, des troncs d’arbres ou encore des murets en pierre). Toutefois, l’exuvie de G. graslinii ressemble très fortement à celle de G. similimus, ce qui rend la détermination de cette espèce à partir de son exuvie relativement complexe. Concernant le comportement des adultes, ces derniers sont observables sur le lit majeur des cours d’eau, posés sur des rochers émergeant de l’eau et exposés au soleil, mais peuvent également s’éloigner des zones riveraines pour accomplir leurs activités de chasse le long de chemins ou en bordure de parcelles agricoles (friches notamment). Au sein de son aire de répartition, le cortège odonatologique associé comprend essentiellement : Boyeria irene, Onychogomphus forcipatus, Oxygastra curtisii, Gomphus similimus ou encore Macromia splendens. Avec une aire de répartition très limitée en France, la conservation de G. graslinii est un enjeu majeur pour notre pays d’autant plus que les menaces sont, à l’heure actuelle, de plus en plus nombreuses pour cette espèce : aménagement et pollution des cours d’eau, extractions de granulats, vidanges de barrages hydro-électriques, destruction et perturbation de la ripisylve, …

Répartition de Gomphus graslinii Rambur, 1842

Données d'autochtonie

Comme pour Macromia splendens, G. graslinii bénéficie depuis quelques années de suivis standardisés basés sur la collecte d’exuvies. Grâce à cela, l’autochtonie de cette espèce a pu être confirmée sur plusieurs cours d’eau du sud-ouest de la France (Agoût, Aveyron, Célé, Lot, Tarn, Vère, Viaur,…) ainsi qu’au niveau de la Loire. De façon plus ponctuelle, des données sur l’autochtonie de G. graslinii sont également renseignées dans les départements des Landes, de la Dordogne, du Cher, du Gard ou encore de l’Ardèche. L’autochtonie de G. graslinii reste aujourd’hui à améliorer sur plusieurs cours d’eau située dans l’aire de répartition de l’espèce. Pour cela, des suivis standardisés basés sur la collecte d’exuvies doivent être entrepris et menés sur plusieurs années consécutives afin d’évaluer également les tendances de cette espèce à fort enjeu de conservation.

Répartition de Gomphus graslinii Rambur, 1842

Données temporelles

Les connaissances sur la répartition de l’espèce se sont largement améliorées ces dernières années. On note par ailleurs que sur la grande majorité des stations anciennes, l’espèce est toujours présente. L’amélioration des connaissances concerne d’une part, la collecte de données dans de nombreuses localités nouvelles au sein des grandes métapopulations connues de l’espèce et d’autre part, la découverte de nouvelles populations comme celle de la vallée de l’Argens dans le Var.

À l’instar d’autres Gomphes dont les imagos représentent une faible proportion des données, la recherche des exuvies dans tous les habitats potentiels constitue la méthode la plus efficace pour détecter la présence de l’espèce. Idéalement, le nombre d’exuvies récoltées doit être rapporté à une distance de berge parcourue pour permettre les suivis diachroniques et les comparaisons de densités linéaires entre portions d’une même rivière et entre rivières.

Observations de l'espèce

Une session d'observation = 1 observateur + 1 lieu + 1 date

L’augmentation de la pression d’observation de l’espèce notamment via la mise en place de protocoles standardisés basés sur la collecte des exuvies lors des dix dernières années est bien visible au niveau de la courbe bleue.

Nombre de mailles où l'espèce est observée

L'augmentation du nombre de mailles suit globalement la progression de l'amélioration nationale de la connaissance odonatologique. Par ailleurs, dès 2010, des protocoles standardisés destinés à la détection et au suivi de cette espèce ont vu le jour en France. Cela a donc eu pour effet d’améliorer les connaissances sur la répartition de l’espèce, qui se traduit ici par une augmentation des mailles d’observations sur la période 2010-2019.

Références bibliographiques
Responsabilité régionale pour la conservation de l'espèce
<5% Très diluée <10% Diluée <20% Moyenne <35% Forte <100% Capitale

Ex : 40% signifie que 40% des mailles d'observation de l'espèce se situe dans la région considérée.

L’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine abritent plus de 70% des observations de l’espèce et sont essentielles dans la conservation de G. graslinii en France. D’autres régions comme le Centre-Val-de-Loire ou celles traversées par le Rhône et la Loire présentent une responsabilité non négligeable dans la conservation des populations de l’espèce, localisées notamment en limite de son aire de répartition.

Période de vol des adultes
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D

Pour cette espèce, la période de vol s'étend principalement sur les mois de juin, juillet et août avec des observations précoces pouvant débuter dès le mois de mai dans la partie sud du pays, et des observations plus tardives pouvant s’étendre jusqu’au mois de septembre dans la partie nord.

Altitudes min/max d'observation
Altitude min. 1m
Altitude max. 658m
80% des observations sont entre
13m et 201m

L’espèce est présente au niveau de l’étage collinéen à des altitudes inférieures à 500 m (Boudot et al., 2017).

Les Odonates Bibliographie