Photo : © Christophe Brochard

Atlas dynamique des Odonates de France

Lestes virens (Charpentier, 1825)

Rédacteur :
Régis KRIEG-JACQUIER pour le groupe Opie-Odonates


Dernière mise à jour le 26-01-2026 à 06h48
Fiche espèce Les Lestidae
Lestes virens (Charpentier, 1825)
le Leste verdoyant

Ordre Zygoptères
Famille Lestidae
Genre Lestes
Espèce Lestes virens
Sous espèces
Lestes virens virens (Charpentier, 1825)
Lestes virens vestalis Rambur, 1842
Espèce établie en France.

Référence à citer :
Krieg-Jacquier, R. (23 janvier 2026). Lestes virens (Charpentier, 1825), Atlas dynamique des Odonates de france, Office pour les insectes et leur environnement, https://atlas-odonates.insectes.org/odonates-de-france/lestes-virens
Statuts Source : Taxref 17.0 (10/01/2024)
Liste rouge mondiale LC : Préoccupation mineure 2023
Liste rouge européenne LC : Préoccupation mineure 2023
Liste rouge nationale LC : Préoccupation mineure 2016
Listes rouges régionales Selon régions
Aquitaine 2016 Préoccupation mineure (LC)
Auvergne 2017 Préoccupation mineure (LC)
Bourgogne 2015 Vulnérable (VU)
Bretagne 2019 Préoccupation mineure (LC)
Centre 2022 Quasi menacée (NT)
Corse 2017 Préoccupation mineure (LC)
Franche-Comté 2013 Vulnérable (VU)
Grand Est 2023 En danger (EN)
Ile-de-France 2014 Vulnérable (VU)
Limousin 2018 Préoccupation mineure (LC)
Normandie 2022 Préoccupation mineure (LC)
Occitanie 2018 Quasi menacée (NT)
Pays-de-la-Loire 2021 Préoccupation mineure (LC)
Poitou-Charentes 2018 Quasi menacée (NT)
Provence-Alpes-Côte-d'Azur 2017 Préoccupation mineure (LC)
Déterminante ZNIEFF Selon région
Auvergne-Rhône-Alpes Toute la région
Bourgogne-Franche-Comté Toute la région
Hauts-de-France 3 départements sur 5
Nouvelle-Aquitaine 4 départements sur 12
Occitanie Toute la région
Île-de-France Toute la région
J. David - Bretagne Vivante
Laurent Rouschmeyer
Benoît Guillon - www.meslibellules.fr
M. Lohr
Jean-Louis PRATZ / CERCOPE
M. Lohr
M. Lohr
Benoît Guillon - www.meslibellules.fr
E. SANSAULT - ANEPE Caudalis
G. Bailleux
G. Bailleux
Benoît Guillon - www.meslibellules.fr
Laurent Rouschmeyer
G. Bailleux
Benoît Guillon - www.meslibellules.fr
Laurent Rouschmeyer
Laurent Rouschmeyer
M. Lohr
S. Wroza

Densité des observations

Animer les données
Faible densité Densité moyenne Forte densité

La distribution de l’espèce en France métropolitaine est plus homogène au sud qu’au nord où l’espèce semble absente de la façade de la Manche (voir les monographies de chaque sous-espèce)

Lestes virens

le Leste verdoyant

L’aire de répartition de ce taxon paléarctique s’étend de l’ouest de l’Europe et de l’Afrique du Nord jusqu’à l’Altaï en évitant les déserts. Lestes virens est présent l’ensemble de l'Europe, à l'exception des îles Britanniques, de la Finlande et de la Scandinavie à l’exception du sud de la Suède. De l'Europe orientale, l'aire de répartion s'étend jusqu'en Asie centrale, dans le Caucase et dans le nord de l'Iran. En Méditerranée, l’espèce se rencontre au Maghreb, dans le Levant et en Turquie.

Lestes virens est inféodé aux eaux stagnantes même temporaires, de la mare à l’étang ou au lac bordé de grands hélophytes, du marais aux lagunes saumâtres ou aux tourbières. Après une diapause hivernale, les larves se développent en deux à trois mois, dans des secteurs ensoleilles et à faible profondeur. Comme pour la majeure partie des autres Lestes, la femelle semble pondre uniquement dans la végétation herbacée.

Deux sous espèces sont présentes en Europe, Lestes virens virens et Lestes virens vestalis. Simonsen et al. 2023 confirment la validité des deux sous espèces mais aussi un groupe très distinct pour des spécimens de Sicile. Le schéma génétique mis en évidence par les auteurs semble refléter différents refuges glaciaires : l'un  ibérique et nord-africain pour L. virens virens ; un autre, potentiellement italien pour L. virens vestalis ; et un dernier sicilien et nord-africain pour les populations siciliennes. Des études supplémentaires seront nécessaires pour déterminer le statut des populations en Sicile, du sud-est de l'Europe et d'Afrique du Nord. Simonsen et al. ne traitent que des populations d'Europe occidentale, les populations et sous-espèces plus à l'est dans l'aire de répartition eurasienne restent donc à  étudier, mais la possibilté d'un refuge glaciaire ponto-caspien n'est peut-être pas à exclure.
Différencier les deux taxons est souvent difficile dans les premières semaines qui suivent l’émergence, et la prudence est recommandée lors de l’identification, certains caractères n’apparaissant qu’à maturité. Aucune étude n’atteste pour l’instant des possibilités d’hybridation mais dans les zones de sympatrie, des observateurs ont évoqué des formes intermédiaires, observations qu’il resterait à vérifier par une étude ciblée utilisant à la fois l’analyse génétique et la phénétique.

Attention : Les observations faites en France ou rapportées dans les études, bases de données etc. ne sont pas forcément rendues à la sous-espèce. Les monographies de Lestes virens vestalis et Lestes virens virens dans notre Atlas dynamique des Odonates de France devront donc être vues comme des indications et non comme une représentation exhaustive de la distribution de chaque sous-espèce.

L'espèce est menacée par la dégradation ou la disparition des zones humides, mares etc. et par le changement climatique, avec des sécheresses plus précoces empêchant les larves de finir leur cycle à temps.

Références bibliographiques

  • Atlas of the european dragonflies and damselflies (Boudot & Willigalla, 2015) ;
  • Libellules de France, Belgique, Luxembourg et Suisse (Boudot et al., 2024) ;
  • Simonsen, T., Djernæs, M., Nielsen O. F. & Olsen K. (2023): COI diversity supports subspecific diversion in Western European Lestes virens (Charpentier 1825) (Zygoptera: Lestidae), but hints at further Mediterranean complexity. International Journal of Odonatology, 26, 18–26 doi:10.48156/1388.2023.1917196
  • Jödicke, R. (1997). Die Binsenjungfern und Winterlibellen Europas: Die Libellen Europas Bd. 3, Lestidae. Die Neue Brehm-Bücherei, Bd. 631. Westarp Wissenschaften, Magdeburg, 277 pp.

Données d'autochtonie de Lestes virens

Les émergences sont parfois massives ce qui permet d'attester l'autochtonie de l'espèce sur un site, mais les détails des observations ne parviennent pas toujours aux bases de données. L'autochtonie de l'espèce est donc avérée pour un bien plus grand nombre de données que ce qui figure sur cette carte.

Données temporelles de Lestes virens

L'évolution du nombre et de la localisation des données laisse penser à une bonne dynamique globale de l'espèce. Plus localement, l'espèce peut avoir subi l'impact des changements agriculturaux (destruction de mares, de zones humides) mais aussi du changement climatique (assèchement trop précoce des sites)

Observations de l'espèce

Une session d'observation = 1 observateur + 1 lieu + 1 date

On constate une progression du nombre de données qui est à lier aux dynamiques crées par les plans nationaux d'actions et à l'essor des applications de sciences participatives.

Nombre de mailles où l'espèce est observée

Là encore, la progression du nombre de mailles occupées est à lier aux dynamiques crées par plans nationaux d'actions et à l'essor des applications de sciences participatives.

Références bibliographiques
Responsabilité régionale pour la conservation de l'espèce
<5% Très diluée <10% Diluée <20% Moyenne <35% Forte <100% Capitale

Ex : 40% signifie que 40% des mailles d'observation de l'espèce se situe dans la région considérée.

Si la région Nouvelle-Aquitaine a une responsabilité importante de l'espèce, l'Occitanie, le Centre Val de Loire et Auvergne Rhône Alpes constituent, elles aussi, des bastions pour l'espèce.

Période de vol des adultes
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D

Avec une éclosion des larves au printemps, la période de vol démarre rarement avant mi mai et le pic d'observation est visible en juillet et en août au nord comme au sud du pays. Toutefois, des mentions tardives jusqu'à la fin de novembre sont bien documentées.

Altitudes min/max d'observation
Altitude min. 1m
Altitude max. 2505m
80% des observations sont entre
39m et 468m

Malgré quelques individus erratiques observés à haute altitude, l'essentiel des observations est fait en plaine et à moins de 400 m d'altitude.

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